A Literary Tour de France
1. Lair to the STN, October 20, 1773

Messieurs de la Société typographique      

de Neuchâtel                                                                                             Blois, le 20 octobre 1773

Messieurs,

L’honneur de la vôtre, 7 courant m’est parvenue en son temps à ma campagne où j’étais à disposer mes vendanges. Elle m’informe que M. Chaub, votre commerçant à Lyon, vous avait  marqué m’avoir expédié le ballot librairie le 3 septembre et l’avis qu’il m’en donne le 14 m’annonce qu’il ne vient que de me l’expédier. Cependant la lettre de voiture n’est datée que du 22 et son arrivée ici du 14 courant, dans le fort de mes vendanges un ami le reçut pour moi et vient de me le remettre. Je repars pour finir mes vendanges.

            M. Malherbe de Loudun m’écrivit le 6 courant que vous l’avisiez de l’expédition et de l’entrée en France de ce ballot. Je lui fis réponse le 11 que j’étais informé de Lyon qu’il en [était] parti le 14 septembre , mais que je ne l’avais pas encore reçu. Enfin j’y ai vu les vingt-et-un premiers volumes duDictionnaire encyclopédique d’Yverdon que mon temps ne m’a pas permis de bien examiner, non plus que les autres ouvrages de vos presses que vous y avez joints. Je vous dois la justice que ces ouvrages sont sur de bons papiers et que la partie typographique n’est pas mal traitée.

            Je vous remettrai [sous peu] le montant du Dictionnaire d’Yverdon et vous écrirai plus [amplement], tout le monde étant à leur vendange d’où ils ne reviendront que le mois prochain. Je ne saurais faire une aussi forte présentation que j’aurais faite de vos ouvrages si vous aviez joint quelques catalogues de tout ce que vous imprimez. Je les attendais avec une [d---] impatience. J’en avais même prévenus quelques amateurs qui m’auraient sûrement donné des ordres. [Tâchez] de m’en faire passer quelques uns par voie sûre et moins [coûteuse], [sinon] ce sera pas premier [envoi].

J’aurais désiré et il eut été bien placé que M. Chaub de Lyon, en me donnant avis le 14 septembre de l’expédition de ce ballot eut détaillé l’état de ses [débours] sans dire [in globo] [qu’on] remboursera L. 43 [au voiturier] pour pareille qu’il lui a payé d’entrée, voiture, et sa commission. Le prix de la voiture de Lyon ici à L. 9 du [cent] quoiqu’un peu cher n’a absolument rien d’extraordinaire. Mais l’entrée à L. 20 pour cent qui ne monte pour le poids du ballot qu’à L. 9 laisse pour la voiture de Neuchatel à Lyon et ses honoraires une somme de vingt-quatre livres, ce qui me paraît exorbitant et ne peut être bien légitime. Je vous prie d’entrer avec lui dans ce détail. Enfin ce ballot a [coûté] jusqu’ici  L. 51-11-, ce qui fait près de 11 sou par livre, poids [domarç], ce qui [renchérit] infiniment vos ouvrages malgré vos remises promises.

Nous sommes en pleines vendanges ici, mais les vins doux en liqueurs ne se [récolteront] qu’après la [Toussaint]. Le beau temps qu’il continuera de faire nous y promet une bonne qualité. Ils passent souvent en Hollande. Si vous, Messieurs, ou vos amis d’Hollande en [avez] besoin, je vous en procurerai de la meilleure qualité et au plus bas prix possible. Je ne peux vous en dire le prix au juste, mais je crois qu’ils [roulleront] de cent-vingt à cent-trente livres le tonneau de deux pièces dont chacune contient de 240 à 250 pintes mesures de Paris. Si vous ou vos amis y désiriez spéculer, cette occasion donnerait lieu à d’autres affaires. Vous savez qu’on charge ces vins sur la Loire à l’adresse et consignation d’un ami de Nantes qui les charg[ent] pour la Hollande. Si vous n’y avez pas de connaissance, je vous en donnerai de bien sûre.


J’ai l’honneur d’être avec la plus grande et la plus intime considération.

Monsieur                                                            Votre très humble et très obéissant serviteur    

                                                                         Lair de Blois

Date: 
Wed, 10/20/1773
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