A Literary Tour de France
6. Guillon, 20 juillet 1773, Beaucaire

Beaucaire, le 20 juillet 1773

Messieurs,

Tout ce que j’ai pu découvrir à mon passage à Lyon, c’est ce qu’on m’a dit que les marchandises, en passant à 4 à 5 lieues de Lyon ne risquaient rien de la Chambre syndicale. Il y a M. Guichard d’Avignon qui m’a dit qu’il vous avait écrit pour vous demander des articles et qui n’a reçu que deux balles. J’ai donné votre adresse avec le double de votre catalogue que vous m’aviez fait passer. Il a un libraire à sa manche à Lyon. Il m’a dit qu’il vous ferait quelques demandes. Il se nomme Buchet, libraire à Nîmes en Languedoc. Je vous manquai d’une demi-journée à Genève. Il fallut que depuis Nyon, je retournasse au Brassus parce que les colporteurs n’avaient pas pu passer par rapport que les gardes étaient avertis du fait en y passant la même nuit que je partis pour chez vous. Ils devaient lors décamper. Je leur avais écrit l’argent qu’il leur fallait et donné mes ordres, mais je fus bien surpris en passant à Nyon. Je reçus une lettre de M. Rochat qui me marquait qu’il n’avait pu passer. Mais le même jour, je retournai au Brassus, et je chargeai M. Rochat d’avertir les colporteurs pour passer aussitôt qu’ils  verraient leur jour. Je pense qu’à présent, ils auront passé avec réussite. Vous pourrez me faire réponse à Lyon, à l’adresse de M. Poncet, rue Gentil. Je partirai le 30 du mois pour Lyon, et j’y resterai quelques temps. J’espère que nous travaillerons beaucoup quand je serai de retour chez nous. Je suis avec la plus parfaite considération,

Messieurs,                                            Votre très humble et obéissant serviteur,

                                                            Guillon

Il y a un M. Daumergue imprimeur en Avignon qui vous écrira aussi. 

Date: 
Tue, 07/20/1773