A Literary Tour de France
69. 281 Charmet to the STN, July 14, 1784

Besançon ce 14 juillet 1784

 

            Messieurs

 

            J'espère que dans l'intervale de votre lettre à la présente, vous aurez reçu le ballot de M. Poinçot qui est parti d'ici le 7 courant et que j'ai adressé à Monsieur Pion commissionnaire, contre mes frais, en lui recommandant de vous le faire parvenir le plutôt possible.

            J'ai reçu votre circulaire; pour l'ouvrage de M. Mercier sans attendre d'autre demande vous m'en expédierez vingt cinq exemplaires, n'espérant pas d'en placer davantage pour le premier moment.

            Il me semble, Messieurs, que vous devrez veiller à la fidelité de vos ouvriers pour empêcher la distraction d'aucune  des feuilles.  Il n'est pas croyable que les Lyonnais puissent faire vos éditions presque en même temps que vous, si quelqu'un ne leur donne la facilité de prendre les avances.  Le dernier ouvrage sorti de vos presses Le Bonnet de nuit a été en vente plutôt que le votre.  Ils auront toujours l'avantage sur vous par la facilité de l'entrée.  La préférence que j'ai donné à votre maison m'a coûté le profit au moins de vingt cinq exemplaires, parce que les Lyonnais ont [fourni] au même prix et avant vous. Croyez que l'avis que je vous donne est fondé sur quelques preuves, et que votre intérêt demande des soins à cet égard.

            Ne comptez pas sur le Dictionnaire de [Macquer], j'en ai disposé d'un nombre avant la réception de votre lettre.  Il ne m'en reste que 7 exemplaires que je ne pourrais remettre au prix que vous me les avez passés puisque j'en serais pour le port.  Sitôt vos [Veillées] du château prêtes expédiez 26 pour 24.  Mettez toute la diligence possible à cet envoi.  Les Lyonnais sont encore en avance, je leur en ai déjà demandée, mais leur édition et duodecimo, elle ne me convient pas comme celle octavo.  Vous joindrez au ballot 13 pour 12 Lettre [d'Yoric], 1 vol.  Si vous avez quelque occasion de m’écrire, mandez-moi le temps au juste que je pourrai les recevoir, parce que c'est de lui que dépendra la speculation que je pourrai faire.

            J'ai l'honneur d'être avec une parfaite considération,

            Messieurs,

Votre très humble et très obéissante servante

Veuve Charmet

Date: 
Wed, 07/14/1784