A Literary Tour de France
Malherbe to STN, 22 mai 1776

                                                                                              Loudun le 22 mai 1776

Messieurs,

J’ai des observations essentielles à vous faire sur la facture que me donne votre lettre 9 du courant que vous m’annoncez expédiée M. n°59.  On m’envoie des nouveaux testaments à L.0-10-0.  Vous les portez L.0-20-0.  Si ce sont les mêmes, cette différence est trop considérable.  Je les vérifierai à l’arrivée.  J’ai reçu La Contagion sacrée par votre ville à L.1-10-0 et vous me la portez à L.2.  Je ne puis le payer plus de L.0-30-0 avec le rabais de 5 pr. cent pesant.  La Cruauté religieuse à L.0-20-0, je l’ai eue à L.0-14-0.  Il m’en arrive.  L’École des filles à L.0-35-0 ; je l’ai eue à L.0-24-0 et je la trouve encore fort chère à L.0-24-0.  Voyage de Brydonne, L.0-42-0.  Vous-même ne répondez que L.0-33-0 sans votre facture d’une des balles qui [mot illisible] à arriver avec les volumes de L’EncyclopédieLe Parnasse libertin à L.0-20-0 ne m’a été fourni qu’à 12.  Il faut donc établir à ces prix votre facture.  Autrement, il n’y aurait pas moyen de l’accepter.  Vous voudrez bien vous y conformer et m’en rendre raison en réponse que je sache par qui statuer.

Je vous ai observé aussi sur les articles de la balle M. no. 21 que j’attends toujours que vous portiez Les Éléments de Millot L.9 au bien de L.8-10-0, déjà facturés ci-devant, que Le Barbier de Séville et Le Célibataire à L.0-9-0 étaient trop chers.  C’est le tout.  Qu’on puisse les vendre aux libraires qui les détaillent à 10 et 12 : L.0-8-0, vu qu’il ne manque pas de contrefaçons de comédies qui viennent de Bordeaux et Toulouse [mot illisible].  Les œuvres de Gessner à L.0-39-0—il n’y a que 2 volumes sont fort chers.  Avec les modérations [mots illisibles], j’accepterais, passée Lyon la balle que vous m’annoncez.  L’ami dont je vous ai parlé est parti pour Paris il y a peu de jours.  Quand il sera un peu habitué et au fait, je l’entretiendrai de ce qui est relatif au débit de vos articles et je verrai s’il sera à même de s’en acquitter à votre gré.  Je n’ai pu découvrir encore personne d’autre.  J’en parlerai à l’occasion à mes correspondants tant dans la capitale qu’en province.  Tant mieux si vous pouvez vous ménager une voie sûre et par laquelle on peut compter [mot illisible] auteurs fixes par vos envois, car ce laps de temps qu’on est à recevoir dégoûte beaucoup.  On ne peut compter par rien de solide ni de fixe. 

Vous m’apprenez que vous irez en personne à Besançon pour y solliciter le recouvrement des 2 balles où sont les volumes de L’Encyclopédie.  Les amis qui les attendent désirent fort que vous y réussissiez.  On laisse L’Encyclopédie à L.8 le vol.  Pourrez-vous la fournir à ce prix au cas que je puisse conclure pour un ou deux exemplaires—et 18 le vol. de [mot illisible].  Je dois savoir encore nouvelles du sieur Gille sous peu, l’un de mes amis à Paris ayant des connaissances à Montargis s’y en informera. 

L’Art du faïenciersortira-t-il bientôt de vos presses ?  On me le demande depuis longtemps.  J’offre cette collection à tous ceux que je pense pouvoir en placer.  Je n’ai pas encore reçu réponse bien favorable.  L’ouvrage plus connu, son mérite le fera acheter. 

M. Meister fils est mon cousin germain, son père ayant épousé une sœur du mien.  Il est très négligent pour écrire.  Il y a assez longtemps que je n’ai reçu de ses lettres, cependant dernièrement, en septembre passé, il s’en pressa à rendre les services les plus essentiels à mon frère pour son mariage qu’il eut beaucoup de peine à terminer en règle.  Il présenta même un mémoire à MM. de Malzerbes, mais il n’y eut pas moyen de solliciter une permission particulière, le serment accoutumé du roi a [mots illisibles], étant encore trop nouveau.  À force de fureter dans Paris et environs, il se trouva un homme commode qui les maria.  Je crois que mon copain devait faire un voyage en Suisse pour voir son père pasteur à Kussnacht sur le lac de Zurich.  Ce respectable vieillard pourrait engager son fils à vous servir.  Engagez-les.  Ils sont l’un et l’autre très serviables. 

J’ai même eu occasion d’écrire à mon cousin.  Je lui ai témoigné le service que vous désiriez de lui.  Il ne m’a fait réponse encore, ce qui ne me surprend pas, ne le connaissant négligent qu’à cet égard. 

Je vous remercie d’avoir donné cours à ma lettre pour M. de Salis.  Pressé du courrier, et par autres lettres à finir, je finis étant toujours avec estime et sincérité, Messieurs, votre très humble serviteur,

Malherbe, l’aîné 

Les sucres in cassonade sont à des prix fixes, ceux qu’on obtenait de L.44 à L.45, L.56 à L.55 le cent pesant.  Cotons aussi fort chers.  Café L.0-15-0 à L.0-20-0 suivant sa qualité, d’inférieur L.0-10-0 à L.0-14-0. 

Si vous faites faire des tailles dont il vous faudra de l’huile de noix, L.36-10-0 à L.37 cent pesant, comptant. 

Libri de la balle M. n°21 par adresse de MM. Schodelles

Reçus…  Savoir

  24 Système social L.3………………………..………72

  12 L’An 2440       L.1-10-0………………...…..…….18

    8Loisirs d’Eon L.12….…………………………….96

  12 Éléments de Millot L.8-10-0……….……………102

  50 Pucelle à 15……………………………………….37-10-0

  12 Idylles de Berquin 10………………………………6

  50 Barbier de Séville à L.0-6-0………………………15

    8 Histoire de Jenny 12……………….………………4-16-0

100 Célibataire 6……………………………………...30

  30 Œuvres de Gessner pour 29……………………...54

  24 Dialogue 5…………………………..……………..6

    6 Instructions à 56………………………………….16-16-0___

                                                                                 L.458-2-0

                                    Rabais 5 pr. cent pesant………23-18-0__

                                                                                 L.435-14-0 à votre crédit          

Nota:  Le second cahier d’un exemplaire de Millot, lettre P à celle R, se trouve déchiré à ne pouvoir servir.  Il faut le remplacer. 

Date: 
Wed, 05/22/1776